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Qui suis-je??
Je suis une Femme transsexuelle, qui depuis l'âge de mes 6ans a essayé de comprendre ce qui m'arrivait, sans pour autant trouver des réponses, une chose est sure un mal être grandissait en moi a chaque jour chaque mois chaque année qui passait de mon existence.
Je peut même dire que une rivalité a un moment donné ce produisait entre mon côté féminin et le côté mal aimé le masculin.
Cela a duré jusqu'au au jour ou ma transition était inévitable et cette rivalité qui existait, entre ces deux genres dans un même corps qui était reèlle et qui a plusieurs reprises ma conduit aux tentatives de suicide voir même aux envies de mutilation, prendra fin.
Ma rivalité intérieure je vais essayer de vous l'expliquer et ceci après ma décision de laisser ma transition ce faire doucement sans forcer le ritme de celle-ci.
Ma rivalité intérieure:
Il est un aspect plutôt étrange de la transition.
Lorsque l'on choisi de franchir le pas, on se dit que l'esprit va suivre naturellement le chemin de la féminité, celle que j'ai toujours ressenti au plus profond de moi, celle que je tentait de refreiner, celle que je tentait de maitriser lorsque j'était encore un garçon vierge de tout traitement et toute perspective de féminisation.
Et puis aujourd'hui je me rends compte que ça n'est pas si facile que ça. Ce garçon que j'été fait souvent son apparition et reprend parfois le dessus sur cette fille que j'ai toujours été en moi et que je tente de devenir.
Le naturel fait face à l'acquis.
C'est difficile de laisser aller sa réalité intérieur lorsque toute notre vie on s'est battu pour paraitre l'inverse.
Alors on peut trouver cela absurde. On peut se dire qu'il suffi de se laisser aller et lâcher prise maintenant que je vais dans le sens que je veut, que je suis en accord avec moi et qu'il faut faire abstraction des apparences et jugements extérieurs:
Soit.
Mais comment lutter contre les acquis, les réflexes et ce qui était devenu un certain naturel, par la force des choses, depuis des années, et ceci a cause de la réligion, de la famille, le faite de devoir cacher cette féminité et de jouer le rôle du garçon que je n'etait pas et que plus les années pasaient plus ma douleur devenait intense, insuportable un très gros poids que je portait au fil des jours et sans pouvoir le dire à qui que ce soit au risque de me faire passer par une folle, une dingue une malade.
Je me sens bien dans ma nouvelle peau féminine, je peux laisser exprimer mon être à sa guise sans le brider. Mais je dois avouer que parfois me laisser aller et être naturelle c'est me laisser aller dans des comportements encore un peut masculins, ceux qui sont devenus mon naturel, ceux que j'ai acquis a force de réprimer ma féminité et qui sont au final plus évidents aujourd'hui que d'avoir un comportement féminin.
M'assoir en écartant les jambes est plus facile que de serrer mes genoux, parler avec des intonations masculines, un rire gras me vient plus aisément qu'un vocabulaire et des consonances féminines.
C'est se reposer que de laisser place à ce garçon que l'on était plutôt que de lutter et être sur le qui vive pour adopter toutes une armada de comportement féminins.
Car ce féminin en question n'est pas ce que l'on imagine lorsque l'on est encore un garçon pur jus. C'est bien plus subtil que se mettre des talons hauts, une minijupe un décolleté plongeant et un maquillage parfois un peut trop forcé de coleur. Cette caricature est bien loin de la réelle féminité que je doit apprendre et laisser s'évaporer de chacun de mes pores.
La dernière fois que j'étais chez une amie, nous regardions une série télévisée et son petit ami a fait un commentaire sur une fille au corps terriblement bien fait.
"Putin, si j'avais son corps je ferais le tour de tous les chantiers!"
Je n'ai rien dit, mais je n'ai pu m'empecher d'éprouver du mépris pour cette remarque qui me paru totalement absurde, ridicule d'un machisme que je ne pouvais pas comprendre.
Je me souviens avoir eu le même genre de pensées avant d'être hormonée. Je me souviens avoir dit à une amie que si j'étais une fille je serais tout le temps en mini jupe et talons, plus jamais de pantalons, que je serais le plus féminine possible.
Voila ce que l'on ressent de la féminité avant d'être hormonée.
J'avais envie de dire au petit ami de mon amie que c'était bien une remarque de mec homo. Une fille n'a pas ce genre d'envie ou pulsion, ou en tout cas pas de cette manière si dégradante.
Car d'une part, faire le tour des chantiers est réellement dégradant pour quiconque, et d'autant plus pour une fille.
D'autre part, ce genre de pulsion est totalement différent lorsque l'on est hormonée. Le coté animal et bestial du sexe ne s'exprime plus de la même façon. Il existe, mais pas sous cette forme typiquement masculine.
Et puis en étant une fille, on prend conscience de la portée de ce genre de comportement. Du manque de respect que ça engendre dans l'esprit de l'homme qui va nous baiser comme un simple trou, un objet une chose ou tout sentiment n'existe pas, je suis un peut dure peut-être mais je pense a une simple vide couilles.
Cette idée même de n'être qu'un simple trou, du sexe pour le sexe, n'a plus rien d'excitant.
La part féminine exige le respect la considération les sentiment et éventuellement l'amour.
Et puis honnêtement, le choix d'un garçon est tellement étendu lorsque l'on est une fille, que quand on est une simple trans, les exigences deviennent beaucoup plus complexes, ou ces garçons laissent sortir ses fantasmes envers des personnes transsexuelles.
Lorsque je peut coucher facilement avec un garçon qui rempli mes exigences les plus aigües, pourquoi aller faire la salope sur un chantier et se taper des mecs moches et sales, sans aucune higiène parfois qui en plus vous considèreront comme une merde? un object de leur plaisir.
Totalement absurde.
Tout ça pour dire que la féminité va bien au delà du fantasme que l'on peut s'en faire lorsque l'on est un garçon. Cette idée de la féminité étant radicalement déformée au travers du filtre des hormones masculines, opposée à l'essence même de la féminité.
Il y à donc ce ressenti auquel on ne s'attendait pas, et puis il y à la construction de son image personnelle, intérieur, et exterieur.
Lorsque je me maquille, me coiffe, etc. je n'ai aucun mal à me percevoir comme une fille.
Mon image extérieur n'est pas encore entièrment construite. Mon nouveau moi, n'a pas encore assimilé complétement son visage.
C'est bien simple, je n'ai aucune idée de mon allure, je n'arrive pas à la visualiser lorsque je m'imagine marcher.
Je ne sais pas de quoi j'ai l'air et l'image statique que je vois dans le miroir ne m'aide en rien dans la conception de mon personnage. Je suis encore emprunté des fois par mon moi masculin, même s'il n'existe plus dans ma vie la crainte de voir mon passé défiler dans ma tête me fait parfois peur peur de revoir ces images de souffrance et de mal être de tous ces années. Dans ces moments, j'ai besoin d'un support physique, de mon reflet.
C'est pour cela que parfois il m'arrive encore de ne pas être constante dans ma façon féminine de m'exprimer. Je reviens vite fait sur un mode d'expression masculin, bien ancré par beaucoup d'années d'obligation d'être garçon.
Rien que le détail de la féminisation des adjectifs me qualifiant m'est un effort constant. Par-contre je n'ai aucun mal à parler de moi au féminin mais parfois ces adjectifs sonnent encore faux lorsqu'ils sont féminisés.
C'est une dualité perpétuelle. Ma féminité intérieur, celle que je m'efforce d'exprimer et de devenir, et pour cette masculinité acquise au nombre des années et l'évidence du masculin de l'essence de mon corps.
C'est une réelle torture mentale même si au fond je ressent une certaine délivrance à devenir ce que mon esprit à toujours été, au fond.
Je me dis souvent, en voyant ces photos de moi avant le traitement, que c'est bien heureux de se métamorphoser si doucement.
A l'époque je n’aurais pas su assumer le visage que j'ai aujourd'hui, tout comme aujourd'hui mon visage de l'époque me met mal à l'aise.
Laisser les changements se faire doucement, progressivement est une chose nécessaire afin de ne pas me perdre et assumer chacun de mes nouveaux traits, permettre aussi a mon mental d'être en accord avec ce physique en évolution.
L'acquis prend malgré tout, malgré la lenteur de la métamorphose, encore le dessus sur le naturel
Mais c'est une question de temps et j'imagine que, comme aujourd'hui je n'arriverais plus à assumer mon visage d'avant traitement, avec ma nouvelle gestuelle, mon nouveau comportement, mes nouveau codes acquis devenus réflexes, l'évolution se fera encore plus fine d'ici quelques mois puis tout au long des années.
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